Table Ronde avec Jean-Yves Duclos, ministre fédéral, sur l’entrepreneuriat social

Table Ronde avec le Ministre fédéral du développement social, de la famille et des enfants Jean-Yves Duclos pour parler d’entrepreneuriat social.

Une des particularités d’entrePrism, c’est qu’elle met l’emphase sur les minorités culturelles. Cet incubateur aide ces personnes à réaliser leur idée, à créer leur entreprise. Ce qui est aussi intéressant, c’est que plusieurs projets sont sociaux. Ces entrepreneurs ont vu des problématiques sociales et veulent y répondre. C’est pour cela que lorsque l’opportunité de voir le Ministre fédéral du développement social, de la famille et des enfants, Jean-Yves Duclos, s’est présentée, nous l’avons saisie.

Duclos est venu à entrePrism en toute humilité, il voulait écouter ce qu’avaient à dire les entrepreneurs. Parmi les éléments qui ont été soulevés, deux ont particulièrement fait parler : le manque d’aide de la part du gouvernement en termes d’informations et la perception de l’entrepreneuriat social.

 

Manque d’informations ou trop d’informations

Les entrepreneurs ont soulevé le fait que la province restait très concentrée sur elle-même, et par conséquent, qu’il est difficile de trouver la bonne ressource ou la réponse claire aux questions. Que ce soit pour les programmes, les lois ou les subventions, les silos et le flou qui existent rendent le tout difficilement accessible. D’un autre côté, le gouvernement demande tellement d’informations pour la moindre demande que cela en décourage plus d’un. « Votre aide peut être une distraction », a lancé une entrepreneure ! D’une part, remplir une demande gouvernementale peut demander trop de temps et d’énergie, alors pourquoi perdre de précieuses heures pour tenter d’obtenir 15 000 $ du gouvernement quand on peut se concentrer sur son entreprise et peut-être en obtenir 50 000 $ ? D’autre part, le gouvernement fonctionne encore trop en silos. Si l’entreprise couvre plusieurs volets, par exemple, développement durable et intégration sociale, elle doit alors cogner à la porte de chacun ministère, un à un, rien n’est centralisé et cela fait perdre, encore une fois, trop de temps. Les entrepreneurs ont besoin certes d’argent et d’aide, mais leur temps est tout aussi précieux.

 

Innovation sociale, seulement pour les démunis

L’entrepreneuriat social est encore trop associé aux OBNL et à la philanthropie, déplore un des professeurs présents. Or, quand on regarde vers quoi tend la société, dans 10 ans, l’innovation et l’entrepreneuriat sociaux devront être au même niveau que les entreprises « à profit ». Malheureusement, en attendant, les entreprises « à profit » sont encore la seule norme pour, par exemple, soumettre un dossier pour une subvention gouvernementale. Le soutien traditionnel de la société et du gouvernement se base principalement sur le chiffre d’affaires. Comme les entreprises sociales ont des difficultés à faire approuver leur modèle, à aller chercher de l’argent et se débrouillent comme elles peuvent, elles n’ont pas forcément un gros chiffre d’affaires… le chien qui se mord la queue, non ? Pourtant, en termes d’impact social, elles font une différence, alors pourquoi ne pas le valoriser ? Une des pistes proposées pour valoriser, mais aussi rapprocher les entreprises, le gouvernement pourrait aider ou inciter les entreprises « à profit » à s’impliquer plus et avoir une part d’innovation sociale, au même titre que l’écoresponsabilité.

 

Et la suite ?

M. Duclos a écouté les entrepreneurs, répondu à leurs questions et en a posé lui-même plusieurs. Il a souligné que tout ce qui avait été dit était inspirant et que plusieurs éléments correspondaient à son objectif « 3 D » : développement durable, économique et inclusif. Pour lui, il est important que chacun ait une chance de participer à façonner la société canadienne. Il y a une richesse dans les ressources, les Canadiens et les institutions et il faut en profiter pour se développer en tant que pays. Comme le disait un des entrepreneurs, « Le Canada a tous les atouts pour devenir une référence dans le domaine de l’innovation sociale, au gouvernement de nous donner les outils pour y arriver ».

Une rencontre très riche en idées, nul doute que notre ministre fédéral est sorti de là avec plusieurs pistes. Espérons que cela portera fruit !

2017-09-05T10:26:52+00:00